LesVétilles_fiche-recto.jpg

LES VETILLES

Et si la musique traditionnelle n’était plus un socle, à peine une référence… si elle n’avait plus la pudeur des secrets enfouis ou jalousement gardés sur lesquels se penchent les oreilles confidentes de ses charmes flétris… Depuis le temps qu’on lui dévoile ses racines, on l’a exposée au grand jour, elle cohabite et s’intègre résolument très bien dans l’écosystème culturel au même titre que tous les autres champs musicaux. Elle a trouvé sa place sur la toile.

Depuis le temps qu’on habille la tradition de modernité…certes on lui a enlevé ses sabots crottés, mais on l’a revêtue de paillettes, de costards, de guitares électriques, de chemises cintrées à carreaux, de consoles numériques, de sarouels, de piercings, de clarinettes basses et autres sportwears…On peut dire qu’elle est habillée pour l’hiver et devrait s’adapter sans mal à la collection printemps-été de l’année prochaine.

On pourrait peut-être commencer à la dévêtir… lui enlever une couche ou deux, voir ce qu’il en reste lorsqu’on la dépouille d’un survêt’ ou de quelque colifichet, aller même jusqu’à lui confisquer ses jouets préférés pour comprendre ce qui demeure dans cette musique traditionnelle quand on y soustrait l’instrument traditionnel. Elle serait toute nue dans sa présence, on prendrait le temps de bien l’entendre, de bien la regarder, et on la déguiserait avec ce qu’on a trouvé de mieux dans l’immuable et le superflu : notre désir de lyrisme pour lui faire hommage, notre goût des mélodies douces et sombres pour la courtiser, nos inclinations pour les accords tordus sous des chansons tristes en guise de révérence, un peu de frime, juste pour l’impressionner, avec des passages faussement simples que les oreilles comprennent plus vite que le cerveau…elle serait parmi nous et elle prendrait le temps d’hésiter, le temps de nous écouter jouer nos broutilles et chanter nos babils, le temps d’essayer nos vétilles.

EQUIPE :

Violon, voix | Clémence Cognet

Violoncelle, voix | Béatrice Terrasse

Clarinette basse | Clément Gibert